Art

Leila Alaoui révèle des histoires intimes de migration

Une exposition à la Somerset House de Londres célèbre trois séries de photos de Leïla Alaoui, montrant comment ‘artiste utilisait la photographie pour remettre en question la perception des crises et de la migration.

Photographe, vidéaste et militante Leila Alaoui est au centre d’une nouvelle rétrospective à Somerset House, réunissant trois séries d’images réalisées sur une période de six ans. Rite of Passage montre son dernier travail vidéo inachevé, qu’elle a commencé en 2015. En hommage à la photographe, née en 1982 et décédée le 15 janvier dernier dans l’attentat de Ouagadougou.

Jeunes hommes perchés sur les ruines d’une gloire, scrutant l’horizon en quête d’espoir, enfants faisant face à une montagne de détritus, artisans travaillant avec des outils d’un autre siècle, les photographies témoignent d’une sorte de fossé infranchissable entre le passé et un avenir inaccessible. Ces Marocains que Leila Alaoui a photographié en 2008 rêvent d’ailleurs. La plupart ne s’y rendront jamais.  No Pasara signifie «tu ne passeras pas». C’est une référence au slogan antifasciste de la guerre civile espagnole, No pasaran«ils ne passeront pas».

No Pasara par Leila Alaoui
De la série No Pasara, 2008

Les Marocains

Entre 2010 et 2014, Leïla Alaoui est revenue au Maroc pour la réalisation de sa série Les Marocains. L’artiste a passé du temps à connaître ses sujets, qui représentaient diverses identités culturelles. Cette enquête itinérante sur la vie marocaine a un niveau d’intimité très élevé étant donné son lien personnel avec le pays et la proximité de l’environnement et du studio mobile qu’elle a utilisé pour cette série.

Natreen

La série Natreen réalisée en 2013 et commandée par le Conseil danois pour les réfugiés, est également présente dans l’exposition. Situé au Liban, Natreen explore la vie des réfugiés fuyant la guerre en Syrie, à travers des portraits évocateurs, qui servent d’antithèse à de nombreuses représentations médiatiques courantes des réfugiés.

De la série Natreen, 2013

De la photo à la vidéo

Au fur et à mesure que la carrière d’Alaoui progressait, l’artiste commençait à expérimenter les ‘images en mouvement, dont l’une est exposée au Rite of Passage. Créée en 2015, L’Île du Diable est une vidéo inachevée tirant sur des photographies, des vidéos, des sons et des témoignages. Elle révèle des histoires de travailleurs migrants dans une usine automobile à l’ouest de Paris, pendant les années d’après-guerre. L’usine a depuis été démolie mais à travers son projet, les personnes qui y travaillaient – comme toutes les personnes représentées dans les archives d’Alaoui – sont désormais irrévocablement ancrées dans l’histoire.

Plan d'installation de L'Île du Diable (Devil's Island) par Leila Alaoui à Somerset House, Londres (c) Tim Bowditch

Rite of Passage se déroule à Somerset House jusqu’au 28 février; somersethouse.org.uk

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