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Ce que le Dr Taleb Bensouda pense de la chirurgie esthétique au Maroc

Entre indignation et scandale, le reportage de TF1 sur la chirurgie esthétique au Maroc a choqué plus d’un. Entretien avec un chirurgien plasticien à Casablanca.

Diplômé en chirurgie plastique réparatrice et esthétique de l’université́ de Rio de Janeiro_sous la direction du Pr Ivo Pitanguy_, Dr Taleb Bensouda est également ancien maître assistant à la faculté de médecine de Rabat et membre international de la société américaine des chirurgiens plasticiens.

En tant que chirurgien esthétique, avez-vous été indigné par le reportage diffusé sur TF1 ?

Quand on m’a parlé de cette émission sur TF1, je m’attendais à un reportage sur l’expertise marocaine dans le domaine de la chirurgie esthétique. Ce que j’ai eu l’occasion de voir est un réquisitoire contre le Maroc, la qualité de sa médecine et la condition de la femme marocaine. La chirurgie esthétique a été traitée comme un pur sujet marketing et commercial alors qu’elle obéit à un Code déontologique et éthique.

Peut- on croire que le profil des patients que vous recevez correspond à celui qui a fait l’objet du reportage ?

Pendant mes 30 années de pratique, j’ai opéré des femmes et des hommes de catégories socio-culturelles diverses et ma philosophie a toujours été de ne pas répondre de façon aveugle à n’importe quelle demande. J’ai également eu à réparer des « ratages » liés à une mauvaise appréciation de la demande ou à un manque d’expertise, y compris par des chirurgiens installés dans des pays étrangers. En tant que chirurgien esthétique mon rôle est d’être à la pointe des techniques qui combinent efficacité, sécurité et harmonie.

Selon vous, la beauté est-elle universelle ou culturelle ? Y a-t-il des normes à respecter.

Selon moi, la beauté est subjective, ses canons varient d’une époque à l’autre, d’une culture à l’autre. Mais pour autant, la beauté est-elle une question d’harmonie physique et spirituelle ou de mimétisme ? 

Nous assistons à de plus en plus à des demandes surréalistes de la part des patients, vous arrive-t-il d’en refuser, par éthique ?

Quand on a des demandes surréalistes, nous devons pratiquer notre métier dans les règles de l’art, parmi lesquelles, celle de savoir identifier la demande qui relève d’un problème psychologique. Il nous arrive d’appuyer la décision d’opérer par l’avis d’un psychologue ou d’un psychiatre, il nous arrive également d’éviter certaines opérations sur des sujets qui peuvent obtenir de bons résultats par une simple hygiène de vie. 

Trouvez- vous normal que les interventions chirurgicales soient filmées et diffusées sur les réseaux sociaux, sachant que c’est un acte médical.

Nous sommes aujourd’hui à l’ère de la transparence et de l’information. Dans un tel contexte, la qualité de l’information est primordiale surtout dans notre domaine où les techniques sont en constante évolution. Permettre aux personnes d’accéder à une information réelle et professionnelle est plutôt un atout. 

La chirurgie esthétique s’est démocratisée, d’après vous, à quel moment peut-on commencer à l’envisager… ou pas ?

Aujourd’hui on envisage une chirurgie esthétique pour réparer, corriger, améliorer un problème morphologique, un problème complexant, le bien-être, mais il est vrai que dans un monde qui donne de l’importance à l’image, il faut savoir arrêter les excès. 

Que pouvez- vous dire à toutes ces personnes qui ont été choquées par ce reportage ?

Je tiens à rassurer toutes les marocaines qui ont été choquées par ce reportage car nous avons au Maroc de très bons chirurgiens plasticiens reconnus même en dehors des frontières du pays pour leur sérieux, leur éthique et leur professionnalisme. La société féminine marocaine ne peut être stigmatisée dans cette image diffusée par ce reportage sur TF1 car elle est constituée de personnes d’horizons diverses. Il y a bien sur celles qui sont attirées par le bling bling et le vulgaire mais il y a aussi une grande majorité de personnes qui, loin des diktats des réseaux sociaux, désirent seulement améliorer leur bien-être ou rafraîchir leur mine sans pour autant que cela ne se remarque ou que ça choque. Car le grand défi de la chirurgie esthétique est bien-sûr d’obtenir un beau résultat mais le plus discret possible et non ce qu’on nomme « le surgical look ».

Khadija Dinia

Passionnée par l'univers du luxe, KD alias Didije est une journaliste influenceuse qui rayonne. Son énergie débordante est contagieuse, présageant un futur glorieux à cette nouvelle aventure. Créative, elle jongle entre papier et digital, en s’inscrivant aux tendances du moment. Elle met sa plume, son regard et son coeur au service des marques, valorisant tout type de contenu.

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